On entend récemment beaucoup de commentaires sur le fait que les médias sociaux seraient en train de damer le pion aux moteurs de recherche traditionnels. « Twitter est le nouveau moteur de recherche du Web en temps réel ». Ce questionnement amène quelques éléments de réponse.
Il est vrai qu’un outil comme Twitter peut s’avérer un excellent révélateur de tendances, surtout de tendances en temps réel.
Toutefois, n’oublions pas que Twitter fonctionne sur le principe du nombre, et dans une moindre mesure sur le principe de l’autorité.
Deux principes qui peuvent être facilement manipulés.
Imaginions que vous payiez une armée de Twitter d’un pays asiatique à cinq sous du Tweet. Vous allez facilement et rapidement saturer le système et créer une tendance. Sans crédibilité aucune. C’est du pur spam.
Des algorithmes de recherche peu évolués
Un algorithme de recherche qui est basée uniquement sur le nombre d’occurrences est de la foutaise. Rappelons-nous les premières manipulations des résultats des engins de recherche alors qu’il suffisait d’inscrire un mot-clé un zillion de fois dans une page pour devenir pertinent.
Le principe de l’autorité sur Twitter peut également être manipulé de plusieurs façons. Il existe des logiciels pour automatiser le « following » des comptes usagers.
Certains usagers Twitter ont même été jusqu’à faire de la publicité pour leur compte Twitter.
Même imparfaits, et critiquables, les algorithmes des moteurs ont derrière eux plus d’une décennie d’évolution, et la subtilité des résultats de recherche qu’ils proposent dépasse de loin ce qui est encore l’apanage de la majorité des médias sociaux.
Ceci pose l’autre problème qui est de savoir distinguer entre les propositions purement commerciales et publicitaires et les autres. Sur les moteurs de recherche, la distinction est clairement établie entre les résultats payants et les résultats naturels.
Les médias sociaux peuvent-ils répondre à tous les types de recherches?
Les recherches dans les moteurs de recherches tombent dans trois grandes catégories: navigationnelle, informationnelle et commerciale.
Si les médias sociaux peuvent probablement, et dans une certaine mesure, répondre aux deux premières catégories de recherche (navigationnelle, informationnelle) qu’en est-il des recherches commerciales?
Quelle serait l’intention commerciale de quelqu’un qui se branche à son compte Facebook, YouTube ou Twitter?
Évidemment, l’opportunité demeure d’établir des relations, d’engager des conversations, mais parvenir à des ventes directes sur les médias sociaux est une autre paire de manches.
Les médias sociaux ne sont pas la nouvelle recherche, toutefois leur croissance fulgurante et leurs impacts sociaux sont encore à explorer, à la fois pour les gens de marketing et pour les consommateurs.


