Hello World

Netscape 1Lorsque j’ai commencé à travailler sur le Web, on disait « 3W », ou « l’autoroute de l’information », c’était pour mettre la main à la pâte et aider à la réalisation du tout premier site web du gouvernement du Québec. C’était en 1995 ou 1996. J’étais un novice à l’époque et certains surfaient sur le Net avec le navigateur Mosaic, des interfaces Telnet, et autres bidules rudimentaires.

Pour créer ma première page Web, j’ai dû apprendre le HTML et coder de A à Z les pages de mon site. Si je me rappelle bien, le navigateur de l’époque affichait sur fond gris, on ne pouvait choisir de couleurs pour la typo, le fond, etc. Le seul élément multimédia était le fichier .GIFde 256 couleurs. C’était bien avant l’arrivée du .JPEG.

Conquérir son coin de pixels

Ah! l’excitation de voir sa première page web en ligne. Je pouvais enfin dire « Hello World ». Je venais de conquérir mon espace digital, un coin de pixels, mon adresse HTTP.

C’était l’époque ou pour naviguer et trouver de nouveaux sites on visitait les répertoires comme la Toile du Québec, ou l’annuaire Yahoo! Je ne me rappelle même plus si les signets existaient à l’époque.

La démocratisation de la création des pages Web

Au fil des années, des logiciels WYSIWYG (What You See Is What You Get) sont apparus et ont grandement facilité et démocratisé la création de pages Web pour le commun des mortels, sans avoir à apprendre la codification HTML.

Le web s’est aussi coloré, je me souviens de mon excitation lorsque Netscape a permis de choisir sa couleur de fond. Il s’est animé avec l’apparition des Gifs animés.

Tout le monde s’est mis à avoir son site personnel.

Quelques années plus tard tout c’est accéléré, de nouveaux langages sont apparus, Javascipt, Java, PHP, ASP, etc. Le web est devenu multicolore, animé, sonore. C’est l’époque des premiers blogues. Bientôt les nouvelles plateformes ont permis à tout un chacun de conquérir son espace digital et pouvoir dire également « Hello World ». Encore fallait-il avoir quelque chose à dire.

Les réseaux sociaux sont soudainement apparus. Maintenant il n’était plus nécessaire de devoir biduler un blogue, il suffisait de s’inscrire, choisir son identité, et bingo! notre espace web apparaissait. Musique, photo, vidéos, amis : « Hello World ».

Des millions d’individus construisent le web en temps réel

Les initiatives se sont multipliées, et quelques années plus tard, ce sont des millions (des milliards?) d’individus qui construisent le web, en disant chacun « Hello World ». Nous avons tous ou presque notre identité numérique, digitale et certains analyseront mieux que moi cette formidable renaissance et son impact dans toutes les sphères de la vie citoyenne.

Le Web est passé d’un ensemble de documents historiques et datés à une conversation en temps réel.

Les dernières initiatives, celles des Twitter, Facebook, Virb, etc. se concentrent maintenant sur le web en temps réel. Alors qu’il y  a quelque temps le web était un ensemble de documents, somme toute statiques, historiquement datés, archivés, indexés par les moteurs de recherche, le web est maintenant devenu une immense conversation qui se déroule presque en temps réel.

Il se publie semble-t-il un nouveau blogue toute les secondes, et probablement des centaines de messages sur Twitter, Virb, et les autres.

Hello World?

La question se pose. Comment allons-nous continuer à maintenir une visibilité web dans un environnement devenu aussi compétitif et tentaculaire?